IPH2102, anticorps monoclonal anti-KIR licencié à Bristol-Myers Squibb

A propos de ce programme

IPH2102 est un anticorps monoclonal humain qui bloque l’interaction entre les récepteurs KIR, des récepteurs inhibiteurs présents sur les cellules NK (acronyme de l'anglais Natural Killer) et leurs ligands. En bloquant ces récepteurs, IPH2102 favorise l’activation des cellules NK, et, potentiellement, la destruction des cellules tumorales par ces dernières. Ce candidat-médicament fait actuellement l’objet d’essais cliniques de Phase I dans le cancer. IPH2102 sera potentiellement le premier médicament d’origine biologique d’une nouvelle classe thérapeutique et pourrait jouer un rôle majeur dans la mobilisation du système immunitaire des patients atteints d’un cancer.

  • IPH2102 et les composés de structure voisine bloquant les récepteurs KIR2DL1,2,3 sont licenciés à Bristol-Myers Squibb.
  • Innate Pharma pourrait percevoir jusqu’à 430 millions de dollars en différents versements d’étapes durant la période de développement et de commercialisation ainsi que des redevances échelonnées d’un pourcentage à deux chiffres assises sur les ventes internationales nettes. Bristol-Myers Squibb financera le développement de l’IPH2102.
  • Innate Pharma poursuivra le développement de l’IPH2102 dans la leucémie aigüe myéloïde (LAM) jusqu’à la fin de la Phase II, et apportera également un soutien préclinique au développement de l’IPH2102.

 

Un nouveau mécanisme d’action qui potentialise l’activation des cellules « Natural killer »

L'activation des cellules NK dépend d'un équilibre entre des signaux inhibiteurs (qui signent la "normalité") et des signaux activateurs (signaux de "danger")

Les cellules NK (de l’anglais « Natural killer ») sont des lymphocytes dits « non conventionnels » appartenant au compartiment inné du système immunitaire. Elles sont capables de :

  • Tuer directement et sélectivement les cellules cancéreuses ou infectées par un virus
  • Participer à la mise en place de la réponse immunitaire globale, notamment par la production de cytokines  (les « hormones du système immunitaire »)
  • Fixer l’une des deux extrémités des anticorps cytotoxiques  et tuer les cellules reconnues par ces anticorps, une propriété connue sous le nom de « lyse dépendante de l’anticorps » (ADCC, de l’anglais « Antibody Dependent Cellular Cytotoxicity »)


Le mécanisme qui régule l’activité des cellules NK est contrôlé par un équilibre entre des signaux 
« activateurs » (signaux de danger ou d’anormalité) et « inhibiteurs » (signaux de normalité) émis par les cellules cibles.

  • La cellule NK épargne les cellules saines qui lui envoient des signaux de normalité.
  • Les cellules « stressées » (infectées, cancéreuses ou suractivées) délivrent des « signaux de danger » mais peuvent délivrer simultanément des signaux inhibiteurs protecteurs, ce qui peut « aveugler » les cellules NK.

 

IPH2102, un anticorps monoclonal anti-KIR, vise à  rendre la rendre la vue aux cellules NK et à faciliter leur activation en bloquant leurs récepteurs inhibiteurs.
 



IPH2102 est une forme recombinante, dont le procédé de fabrication a été optimisé, de l’anticorps monoclonal IPH2101, le premier candidat développé dans le cadre du programme anti-KIR.

 

Un nouveau mécanisme d’action qui s'appuie sur le potentiel thérapeutique des cellules NK

Le potentiel thérapeutique des cellules NK a été spectaculairement illustré en 2002 suite aux résultats d’une étude portant sur des patients atteints de leucémie myéloïde aigue (un cancer à évolution rapide qui touche des cellules du sang encore immatures) et ayant bénéficié d’une allogreffe de moelle osseuse (une transplantation de cellules de moelle osseuse provenant d’un donneur et non de leur propre moelle).

Dans cette étude* on observe chez un tiers des patients que les cellules NK greffées attaquent les cellules tumorales du receveur. Dans ces cas précis, la probabilité de rechute baisse fortement y compris chez les patients dont la maladie est très avancée.

Les résultats de cette étude ont été confirmés lors de nombreuses autres études, y compris dans le myélome multiple.

L’approche anti-KIR vise à mimer avec un médicament la situation de greffe.

 

 

Les cellules NK sont actives dans de nombreuses tumeurs liquides et solides, ce qui permet d’envisager un développement global dans le cancer. 

 

Réferences

  

ASH 2009, Pr Norbert VEY, Institut Paoli-Calmettes, Marseille/France

 

ASCO 2010, Don BENSON, Division of Hematology, The Ohio State University Comprehensive Cancer Center

 

Bibliographie